23.09.2009
Flash Infos
G20 DES 24 ET 25 SEPTEMBRE 2009 À PITTSBURGH
►Les déclarations du G20 de Londres ont-elles été suivies d’avancées concrètes ou bien sont-elles restées au stade des bonnes intentions ?
Pittsburgh n’est pas une simple redite de Londres, c’est l’opportunité d’aller plus loin dans la coordination des relances et la responsabilisation du secteur financier !
Deux éléments témoignent des avancées enregistrées depuis Londres :
1. Des signaux conjoncturels stables démontrent que l’ampleur des plans de relance annoncée à Londres commence à porter ses fruits.
2. A Londres le G20 avait annoncé des mesures de moralisation de la finance. Des progrès notables, grâce à l’engagement de la France et de l’Allemagne, ont notamment été accomplis en ce qui concerne le secret bancaire.
Ces progrès ne font que renforcer la détermination de la France pour Pittsburgh où nous devons poursuivre aller au bout de nos logiques dans ces deux domaines : relance de l’économie et meilleure régulation du secteur banquier et financier.
► Quels messages la France doit-elle envoyer lors du prochain G20?
La France sera une force de proposition combative et exigeante, avec à ses côtés l’Allemagne et la Grande Bretagne, pour doper les politiques de coordination de la relance et imposer au secteur financier des normes de responsabilisation. La crise financière ne doit cependant pas faire oublier l’urgence d’aider le développement des pays les avancés.
1. Tant que la crise n’est pas achevée les Européens doivent demeurer unis et vigilants !
Nous ne sommes pas encore sortis de la crise. Les politiques de relance portent leurs fruits mais il y a toujours un décalage entre le temps de la reprise de l’activité et celui de l’arrêt du chômage.
Il ne faut pas donc pas relâcher nos efforts mais les prolonger pour lutter contre le chômage et préparer d’ores et déjà l’après crise. Le processus de retrait des mesures exceptionnelles de relance doit aussi être en partie planifié.
Il est essentiel de continuer à soutenir l’activité au niveau global, comme les membres du G20 s’y sont engagés collectivement à Londres.
2. L’émergence d’un nouveau modèle de croissance soutenable passe par l’éclosion d’une meilleure organisation des marchés financiers. La France, l’Allemagne et la Grande Bretagne veulent peser ensemble pour que le G20 ne se contente pas d’envoyer un message de responsabilisation au secteur financier mais lui impose des normes et des sanctions strictes et efficaces.
§ La politique de rémunération des banquiers et traders porte une grande part de responsabilité dans la crise. En liant les rémunérations à l’obtention de gains court termistes, les banques ont favorisé des prises de risques insensées qui ont mené à l’éclatement de la crise financière. Une plus grande transparence doit donc être adoptée sur le niveau et la structure des rémunérations des banquiers et des traders.
Ø Des normes internationales doivent encadrer les primes pour que leur paiement soit étalé dans le temps.
Ø Un système de malus, ou de remboursement des primes en cas de mauvais résultats doit être prévu
Ø Des sanctions seront à l’étude au G20 en cas de non respect de ces principes
Ø La France a aussi obtenu que la question de plafonner les bonus soit étudiée à Pittsburgh
§ La France portera aussi d’autres propositions innovantes en matière de rémunérations variables des banquiers et traders :
Ø La rémunération variable doit dépendre de la performance de la banque, des lignes de métiers et des individus.
Ø Les stocks options ou les actions distribuées au titre de la rémunération ne doivent pouvoir être exercées ou vendues qu’après une période déterminée.
Ø Les bonus garantis doivent être évités.
Ø Les dirigeants ne doivent pas être totalement immunisés sur les risques qu’ils encourent (par exemple par des franchises obligatoires).
§ Après avoir fragilisé leurs fonds propres dans la crise, il faut que banques adoptent les mesures de « Bâle II » qui exigent un renforcement de leur capital en quantité et qualité. Les banques devront consacrer une grande partie de leurs bénéfices à la reconstitution de leurs fonds propres.
§ L’Europe veut réformer les institutions financières notamment le FMI pour élargir sa légitimité et sa représentativité :
Ø Les pays émergents, dont le poids est croissant dans l’économie mondiale, doivent être plus représentés
Ø Les Européens veulent aussi que le droit de veto des Etats-Unis soit remis en cause
§ Des sanctions doivent être prévues à l’encontre des juridictions et Etats non coopératifs notamment pour les paradis fiscaux qui refusent de se plier aux règles internationales en matière d’échanges d’informations.
3. Le G20 doit enfin affirmer son soutien aux pays en développement. Les pays du G20 accompliraient un signal fort en adoptant l’initiative « tout sauf les armes » qui garantit un accès en franchise de douanes à tous les produits des pays les moins développés à l’exception des armes et des munitions.
18:53 Publié dans Argumentaires | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note










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